Vendredi 10 juin 2005

Le narrateur

Quoi ?

 

L'autre

J'vois pas...

 

Le chœur

Une voie !

Par winckler - Publié dans : histoire[s]
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Jeudi 9 juin 2005

L’autre

Il est pas clair Movie Maker...

 

Le narrateur

Où alors il se fout de nous….

 

Le chœur

Il ne serait pas en train d'essayer de vous dire quelque chose ?

Par winckler - Publié dans : histoire[s]
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Mercredi 8 juin 2005
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Mercredi 8 juin 2005
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Mardi 7 juin 2005

Assis sur la banquette inconfortable d'un wagon de métro, Pewsler a une idée. Il sort le carnet de croquis qu'il garde toujours dans sa poche pour y esquisser des fragments de story board. Pewsler commence à dessiner. D'abord une route, un chemin. Ensuite, Il dessine ce qui pourrait être des solives. De petites solives posées les unes à côté des autres. Leurs profils sont adroitement esquissés d’un trait léger et les contours ombrés avec délicatesse. Elles sont comme posées là, bien alignées en rang de solives. Après, Il trace au dessus comme des rails. Et puis, en un endroit, au bout, il y a une sorte de porte.

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Lundi 6 juin 2005

 

Vlan !!!

 

Le narrateur

Et d'une autre…

Par winckler - Publié dans : histoire[s]
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Dimanche 5 juin 2005

L'autre

Où en sommes-nous ?

 

Le narrateur

Pewsler est dans le métro, Alice se promène rue de Rennes, l'aboyeuse est à l'hôtel Cervantès à Séville et, il y a une semaine, Etienne arrivait à l'hôtel Saint-Thomas d'Aquin.

 

L'autre

Et Adèle ?

 

Le choeur

Elle tue des mouches !

Par winckler - Publié dans : histoire[s]
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Samedi 4 juin 2005

Durant l'automne 1930, l’entreprenant et courageux Otto Schmidt, originaire de Prusse orientale, s’installe au Puy-en-Velay pour y développer un négoce de graines et, pourquoi pas, un comptoir d’exportation de lentilles vertes. Un soir, quelques jours après son arrivée, il bouscule, au hasard d’une ruelle de la vieille ville, une jeune et belle brune à la voix chaude, Elena. Elena et sa mère, récemment veuve, ont rejoint, voilà trois mois, des parents installés dans la région. Entre Otto et Elena, c’est immédiatement le coup de foudre. Leur union est prononcée six mois plus tard, et le 15 août 1931 naît Adèle. L’enfance d'Adèle est sans histoire. La petite fille est studieuse, enjouée et vive, profondément généreuse et altruiste aussi. Ainsi gagne-t-elle la sympathie et l’amitié tant de ses camarades de classe que des soeurs de l’institution religieuse où elle suit sa scolarité. Héritant de son père la blondeur et la distinction germanique, et de sa mère un tempérament de feu, Adèle ne tarde pas à provoquer le désir. Elle devient, malgré elle, l’objet de fantasmes secrets et pervers, que nourrit son improbable accent germano-ibérique. C’est avec la jeune religieuse qui dirige l’étude, sœur Marie-Josèphe, de trois ans son aînée, que Adèle connaît, à l’âge de quinze ans, ses premiers émois. Si Adèle découvre alors les plaisirs spontanés et naïfs du corps, elle intuitionne aussi clairement l’attraction qu’elle exerce sur les femmes. Mais, et même si elle préfère la délicatesse et la ferveur des êtres de son sexe, Adèle apprécie les assauts virils. En 1947, comprenant que la jeune fille  n’est pas faite pour une existence provinciale, l’abbé Paul de R. qui, dès sa nomination dans une paroisse avoisinante l’année précédente, a bénéficié des attentions d'Adèle, recommande sa protégée à son arrière grande cousine, la très parisienne Princesse de P. C’est la princesse elle-même qui introduit directement Adèle auprès de Gabrielle Chanel. Mademoiselle est séduite : Adèle est engagée comme modèle. Elle connaît rapidement une carrière éblouissante qui l’amène à fréquenter le tout Paris ; le monde l’adopte aussi facilement qu’elle lui offre ses faveurs. Lors d’une soirée elle rencontre l'étonnante Apoline Nextway ; les deux femmes deviennent très vite d'intimes amies (1). Avec Apoline, Adèle partage son lit et l’ambition ; et les hommes aussi. Mais un événement tragique vient, irrémédiablement, briser l’ascension de la jeune femme. C’est lors d’une présentation de modèles qu'Adèle se prend l’escarpin dans un long foulard de crêpe de soie ivoire, et dégringole les célèbres escaliers de la rue Cambon. Le diagnostique est terrible et sans appel : fracture de la cheville droite ; Adèle boitera toute sa vie. Malgré les soins que Gabrielle Chanel lui  prodigue, Adèle, abattue, s’enfonce dans une dépression insondable. Mais son existence rebondit alors qu'elle passe un été en compagnie de Gabrielle dans la propriété d'une amie de celle-ci. Adèle découvre la joie et l’intérêt d’être auprès des enfants. Pendant ce séjour elle apprécie s'occuper de deux bambins : elle aime les accompagner en promenade, leur lire d'inextricables aventures, et parvient même à leur enseigner les rudiments des langues allemande et espagnole. Elle vit un été magnifique, c'est une révélation et Adèle décide de poursuivre dans cette voie. Et c'est grâce à une lettre de recommandation de l'amie de Gabrielle, qu'elle occupe son premier poste de gouvernante trois mois plus tard. La phobie des mouches, qu'elle a connaît depuis l'enfance, s'accentue subitement en 1975. Aussi, sur les conseils de son employeur, Adèle décide d'entreprendre une thérapie avec le psychanalyste Oscar Bernstein. Adèle se rend deux fois par semaine chez son analyste et parvient finalement, après sept ans de travail, à trouver un compromis avec son symptôme. Préceptrice attentive, patiente et discrète, fidèle également, elle reçoit la Médaille d'Honneur des Gouvernantes au Congrès International des Gouvernantes de Stockholm en 1985. En 1988, elle hésite à accepter une dernière proposition ; elle a alors cinquante huit ans. Mais quand elle aperçoit Simon, poupon gracieux et dodu, elle ne résiste pas. Elle entre donc au service du réalisateur Hector Pewsler qui lui confie l’éducation de son fils. Adèle se plaît chez Hector Pewsler et quand Simon quitte le domicile de son père, Adèle accepte la proposition qu'il lui fait de rester à son service.

1.  "Volkow m'a appris le sens du verbe aimer à l'imparfait. Et Adèle celui du verbe baiser à la perfection. »
Apoline Nextway, Je vous dirai tout, Paris, Éditions Robert Laffont,1980, p. 127.

 

 

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Vendredi 3 juin 2005

Etienne quitte rapidement son appartement. Il ne supporte pas les changements de programme, les plans imprévus. Mais ce qu'il vient de lire l'oblige à agir autrement. En descendant les escaliers il échange un sourire avec la concierge occupée à cirer les marches. Il franchit le porche, sort de l'immeuble et s'approche du taxi. Hôtel Saint-Thomas d'Aquin, rue du Pré aux Clercs, dans le 7e. C'était pas une course pour la gare du nord ? demande le conducteur du taxi. J'ai changé d'avis, répond Etienne. Devant le bar-tabac de la rue Gay Lussac, Etienne demande au taxi de s'arrêter. Attendez-moi deux minutes. Après avoir acheté un paquet de cigarettes il retourne dans le taxi. C'est bon, vous pouvez repartir. Il regarde à travers la vitre. Il apprécie se retrouver ainsi à observer. Le monde lui semble un peu étrange.

Par winckler - Publié dans : histoire[s]
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